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Point d'orgue.

Point d'orgue.

On rafraîchit notre appartement. Le printemps (et les prémices de l'été) est bien là. Bref, avec l'arrivée de notre nouveau colocataire, c'est le moment idéal pour faire un tri. Pour jeter ces petits bouts de vie qui ne seront plus là quand notre enfant arrivera.

Je me surprends à mettre de côté (doux euphémisme !) des bouquins sur les Beatles. Des dvds de McCartney que je ne reverrai plus. Des disques aussi. Compacts je précise !

Drôle de sentiment, toujours identique lors de chacun de ces nettoyages de printemps. Sauf que cette fois on se dit que c'est un nouveau nous que notre bambin rencontrera. Oh, on dira qu'on porte en nous toute cette somme de musiques et d'images qui ne sont plus sur nos étagères !

Buffalo Springfield sur Nino Ferrer sous le regard de Steven Spielberg.

Buffalo Springfield sur Nino Ferrer sous le regard de Steven Spielberg.

Je vous rassure, elles ne vont pas rester vides bien longtemps. Juste le temps de repeindre nos murs. Mais des petits bouts de papiers, de souvenirs, seront partis aux escoubilles entre-temps.

Par contre on garde les boules de poils !

Par contre on garde les boules de poils !

Le mois dernier, j'ai jeté un machin que je trimballais depuis l'été 2009. Depuis le début des années quatre-vingt à vrai dire. Je crois que c'est lors d'un Noël (1982 ?) que j'avais eu cet orgue Bontempi marron avec les touches là, sur la gauche que j'adorais car elles me donnaient l'impression d'être dans une église. Le petit instrument a ensuite passé deux petites décennies dans le grenier de notre maison en Isère. Suite à un voyage le menant d'Isère en Savoie puis de Savoie vers Berlin, le tout dans un camion en provenance de Marseille conduit par des Bulgares, je récupérais le bijou hyper daté et assez sale.

Photo non contractuelle.

Photo non contractuelle.

Me revenaient alors tous mes rêves d'être Gilbert Montagné, Michel Berger et Richard Clayderman à la fois. De manière plus contemporaine, je me disais que je pouvais sûrement jouer quelques mélodies faciles et les enregistrer pour ensuite les sampler à l'envie sur mon ordi. Y coller ma voix, peut-être même quelques percussions ?

Et puis non, un soir d'avril 2015 (dans le futur quoi), je jetai mon Steinway & Sons en plastique.

Démonstration.

Plus qu'un jouet c'était presque un véritable harmonium dont le son me rappelait parfois celui des orgues de barbarie pour lesquelles j'ai une fascination aussi grande que celle de Nicolas Sarkozy pour une seconde présidence en mai 2017.

Je parlais de petits bouts de nous, hier j'ai balancé cette affiche.

O tempora o mores !

O tempora o mores !

Souvenir d'un concert de ce duo originaire de Bergen en Norvège (le 8 octobre 2009)

Le concert s'était terminé et on quittait la salle. J'avais trop envie de récupérer un poster mais je n'osais pas. Ni une, ni deux, ni trois d'ailleurs, v'là ti pas que mon Schnecke se jette sur un mur et déchire précautionneusement (autant que cela soit possible), la belle affiche blanche.

Depuis un court voyage dans la nuit et dans un train de banlieue, elle trônait dans notre entrée.

Ce sera une histoire en plus à raconter à notre enfant.

Point d'orgue.
Point d'orgue.