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Il y a un peu moins de quarante ans

Il y a un peu moins de quarante ans

J'ai cent soixante-et-une saisons et pas (encore) une de plus
Quarante-et-un hivers et un peu moins de printemps

Et je décompte le temps 
En temps qui détend et en temps qui détruit. 

J'ai un cœur d'artichaut qui est né en décembre
Et une partie de moi qui est morte au mois d'août.

Cela fait cent soixante-et-une saisons
Que j'emploie mon temps à le remonter 

Attends, attends,
Ne reviens pas, je pars en avant.

 

La meilleure d'entre nous... Linus.

La meilleure d'entre nous... Linus.

Je n'avais pas vraiment prévu d'écrire ce baratin là-dessus. Un peu tordu en fait, comme moi. Scoliose et cyphose de l'esprit. Bon c'est vrai, au mois de septembre, j'étais tombé sur le nouvel album de l'ami Jacquot. Parmi quelques perles se trouve L'Emploi du Temps dont je me suis largement inspiré. Mais je ne pensais pas m'en servir ici.

Et puis en novembre dernier, j'ai récupéré beaucoup de vieilles photos, essentiellement des années soixante-dix. Et, je dois bien le dire, essentiellement de moi ! Au-delà du narcissisme évident, ça m'a permis de revenir sur certains moments, parmi les plus anciens, de ces quarante dernières années. Je n'avais pas beaucoup d'images et donc de souvenirs de... tant de choses. J'ai pu par exemple nous revoir, mes parents et moi, dans des situations que j'avais totalement oubliées. 

Dans la vidéo ci-dessous, j'ai voulu tourner quelques pages de ce vieil album photo qui n'existe pas vraiment ailleurs que dans ma tête et dans mon coeur. Nous sommes au milieu des années soixante-dix et nous allons au galop vers le début des années quatre-vingt.

S'il n'y avait pas Aiton, petit village sur la colline, s'il n'y avait pas les gens d'Aiton, ma famille, s'il n'y avait pas ces souvenirs et ces histoires dans la bouche de la soeur de mon père, je crois que je ne saurais pas grand chose de mes premières années sur notre vieux caillou cabossé. C'est fou cette amnésie volontaire et revendiquée. Parfois je me donnerais des claques.

Peut-être que c'est le même oubli qui fait que je ne trace pas de route ? Je vais là où je ne sais pas. Sans savoir de quoi (après) demain sera fait. Et maintenant que je suis deux, que je suis trois... on fera le point dans quarante ans.

 

 

(Et merde, je vais encore rater les sixties.)

L'instant narcissisme sur un blog narcissique.