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Des larmes dans la gorge... George et Georges

Des larmes dans la gorge... George et Georges

Hier soir c'est avec des larmes dans les yeux que j'ai fini ma longue soirée. Quand je me suis couché, elles sont descendues dans ma gorge comme quand on pose un niveau à bulle à l'horizontal et que la petite bulle s'ajuste au milieu.

 

Oh rien de grave, je rassure tout de suite ! Que du bonheur.

Du bonheur et un peu de tristesse.

 

 

Quand j'avais appris il y a quelques années que  Martin Scorsese travaillait sur un documentaire consacré à  George Harrison, je m'étais réjoui. Même si très scolaire, j'avais beaucoup aimé le rythme, l'intensité de son film de 2005 sur Dylan : No Direction Home : Bob Dylan.

Le film sur le plus jeune des Beatles s'appelle  George Harrison: Living in the Material World. Il a été diffusé sur HBO aux États-Unis et est également sorti en dvd et blu-ray cette semaine en Europe.

 

http://www.heyuguys.co.uk/images/2011/08/George-Harrison-Living-in-the-Material-World.jpg

 

 

 

 

Je ne peux pas dire ici que George était mon préféré des quatre. À vrai dire, il est idiot de devoir avoir un préféré. C'est comme si on me demandait de voter pour Hollande ou bien Aubry. Ou de choisir la chanson de Brel qui me touche le plus.

Mais il faut bien dire qu'en adotudiant branleur et grenoblois, la figure de Lennon ne pouvait qu'avoir mes faveurs. Logique, normal. Nous sommes des centaines de milliers à être passés par là. Et puis au siècle mourrant, environ deux ans avant que les avions ne se mettent à tomber autour de Manhattan, McCartney m'a attrapé. Image apaisante d'un survivant à la cool dont le génie n'a d'égal que la facilité à trousser, non pas les domestiques (quoi que...), mais des perles de mélodies. Le plus vivant, le plus mieux bien, je me laissais aller en tout bonheur. Et enfin, quand le sel de la vie a laissé sur mes lèvres une soif que seuls Niagara ou les lacs du Connemara pouvait étancher, je me suis tourné vers George.

À la différence des deux autres, c'est l'être humain chez George Harrison qui m'a touché et continue de me parler. Si j'aimerais un film qui décortique la musique de McCartney, je me délecte du fait que Scorsese a ici précisément mis la musique au second plan. C'est le parcours d'un homme de sa naissance à sa mort que l'on suit dans le film Living in the Material World. Ses contracdictions, sa quête (Brel ?) de paix intérieure. Prisonnier d'un monde forcément matérialiste mais toujours tourné vers le spirituel.

 

http://beatlephotoblog.com/photos/2011/09/44.jpg

 

 

Je ne vais même pas vous détailler le film et je m'excuse pour les internautes qui sont arrivés ici en voulant en savoir plus sur le documentaire.

Les années au sein des Beatles sont abordées... de l'intérieur. Forcément. George écrivait à ses parents. Il prenait des photos quand, au centre du cyclone, le monde s'affolait autour de ces quatre (petits) garçons. Effrayant, fascinant. 

Et puis trop vite (malgré la durée du film), on approche de la fin où tout commence. Le vingt-et-unième siècle, entre autre. Je mets au défi les plus coriaces d'entre vous, de ne pas écraser une larme lorsque le film se conclut. À vrai dire je les sentais monter depuis un bon quart d'heure. 

 

 

Au moment de tout éteindre alors que nous étions presque le jour d'après, je regarde les actualités sur internet. Et je tombe sur ce titre qui secoua mon coeur et renversa encore un peu plus le vase :

Georges Moustaki affirme qu'il est "définitivement incapable de chanter".

 

http://platea.pntic.mec.es/cvera/hotpot/images/moustakpochet.JPG

 

Alors on me dira "ben oui... il a quand même bientôt l'âge de ne plus lire Tintin le Georges". Et on aura raison. Cela fait même presque vingt ans de plus sur le caillou que George Harrison. Partir à près de 80 ans serait-il plus raisonnable qu'à moins de 60 ans ? Je ne sais pas.

 

Je cite l'article.

"Le chanteur Georges Moustaki, 77 ans, qui avait déjà arrêté de chanter début 2009 en raison de problèmes respiratoires, confie que sa maladie, "irréversible", le rend "définitivement incapable de chanter", dans une interview à paraître dans La Croix vendredi. "Ma maladie est donnée comme irréversible", explique-t-il. "Elle touche toutes les régions du corps et de l'esprit et me rend définitivement incapable de chanter"."

 

 

 

J'ai donc fini par éteindre l'ordinateur et me coucher car le chat m'appelait en me miaulant que nous étions déjà vendredi matin et que pour un jeudi soir, ça la foutait plutôt mal.

Dans le lit je repensais à mon Beatle préféré. George ? Paul ? John ? Non !

Mon père bien sûr ! Beatle Papa. Je repensais entre autres à la dernière fois que nous lui tenions la main et pouvions lui parler. Nous lui avions dit combien il ressemblait de plus en plus à Moumousse. Un de ses Beatles à lui. La barbe grecque, l'oeil apaisé et le poivre qui se laisse bouffer totalement par le sel.

 

Et dans la nuit qui m'endormait je me suis dit quelle chance j'avais eu de rencontrer comme ça, le temps d'une chanson, des personnes aussi belles que George et Georges. Et au moment de fermer les yeux, quelle chance j'avais eu, ces trente deux années, d'avoir grandi sous cette lumière qui éclairait mon monde.

 

 

The Light That Has Lighted the World [1973]    

 

C'est amusant comme les gens,

N'accepte pas le changement.

Comme s'ils étaient la Nature elle-même,

Ils préfèrent les réarrangements.

 

 

 

 

Ma Solitude [1969]