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Une âme en Penn.

Une âme en Penn.

La mienne.

Oui, je continue ma rubrique de iench' écrasés. Ce n'est pas de ma faute si mon coeur vibre pour tous ces vieux. Tous ces morts. Et puis Bashung n'était pas si vieux bon sang !

 

Arthur Penn avait 88 ans.

 

 

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Arthur Penn est mort la nuit dernière et, une fois de plus, cela me ramène à mon enfance. En France. A mon père. Notre père puisque Mathilde n'était pas loin. Avec le chat sur le canapé ou bien près de Papa.

 

Je dois être un des rares qui ne pense pas immédiatement à BONNIE and CLYDE ou bien ALICE'S RESTAURANT. Tout ça parce qu'au 173 bis rue de la république, il y avait, il y a et il y aura pour toujours, les grandes prairies, le grand ouest, les chevaux, les plumes, les saloons et les tipis de LITTLE BIG MAN.

 

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J'associe un certain nombres de films à mon père et celui-là est tout en haut de la liste. Il me l'avait fait voir très vite. Comme si le temps nous était compté. Il faudrait pouvoir toujours vivre comme cela. Il avait ensuite, je crois, oublié cette urgence. C'est dommage car je l'avais oubliée aussi.

 

 

Au commencement... Au commencement j'avais peur. Je ne savais pas que je rencontrais là celui qui me ferait tant de fois craquer. Little Big Dustin Hoffman. Il est maquillé comme un monstre de film d'horreur, en fait il joue le rôle d'un vieillard centenaire, Jack Crabb, qui va raconter son histoire. Il me fait donc peur mais je suis déjà parti et je deviens indien lorsque, jeune enfant, il est adopté par des Cheyennes.

Redevenant tantôt cowboy (blanc-bec et par la force des choses, génocideur) et tantôt indien, il participera à la défaite du général Custer lors de la Bataille de Little Big Horn le 25 juin 1876.

 

Je ne saurais citer toutes les scènes m'ayant marqués. Bien trop nombreuses. Bien trop riches. Et si diverses ! Le ping-pong incessant entre le monde blanc et les indiens y contribuant grandement !

 

La mort ou plutôt la tentative de mort de son père adoptif (voir la vidéo ci-dessous) laissera en moi un souvenir impérissable (si je puis dire !). Je crois que Mathilde aussi, même si elle et moi riions (et on rit toujours je le sais) de son chant tremblotant. Quand il s'allonge pour mourir et que des gouttes de pluie tombe sur son visage buriné de soleil, là... Là je crois que ce fut la première fois de ma vie que je pouvais mettre un visage sur la mort. Pardon, la Mort. Le plus drôle c'est que ni l'acteur, bien entendu, ni le personnage n'est mort ! Le vieil indien dit que la mort n'a pas voulu de lui ce jour là... et il repart !

Soulagé, je me dis que la mort était vraiment ainsi. Parfois se trompant de porte ou bien... "évitable". C'est le même visage que j'avais vu ensuite en juin 1988. Mon grand-père, ce vieil indien millénaire qui savait tant de la vie mais qui dont je ne parlais pas la langue.

 

 

 

 

 

Après cette épopée de deux heures et trente minutes, je ne jouerai plus aux cowboys et aux indiens de la même manière. Et je ne rêverai plus que de couvrir mon corps de peinture et de plumes. Ceci n'a cependant rien à voir avec ma carrière rapide et discrète au Moulin Rouge lorsqu'à la fin des années quatre-vingt dix je devais payer ma dose d'héroïne dans les bas-fonds de Paname.

 

 

 

J'avais revu ici ou là le grand petit homme. Avec mon père et puis tout seul. Tout seul comme un grand petit homme que je suis devenu. Je lui avais dit. "Tu sais, j'ai trouvé le dvd du film ! Je l'ai vu en anglais !". Mon père prenait alors ces allures de vieil indien qui ne va pas mourir. Et puis je me suis retourné jouer aux indiens et aux cowboys. Et pof, il est parti avec ses plumes, ses peintures, et ses chansons.

 

 

 

 

 

Yéyé, yéyéyé, yé... !

 

Je suis sûr que le 17 avril 2009 était un beau jour pour mourir.